L’Express post-électoral ( part 3 )

Précédemment dans L’Express post-électoral ( Part 2 ) EuD présentait ce produit révolutionnaire de la #SOTRA qui, malheureusement,  allait perdre un peu de sa superbe avec les changements au sommet…

image

-Vielle Dame : Ahi ? Lui aussi ooh ! C’est ancien bus là il a eu pour nous envoyer ?
-Passager 1 : Mais, Madame , c’est ça là on appelle bon-bon* bus là même !
-Passager 2 : Je te dis hein ! C’est pas les bêtises qu’ils nous vendent en gros après avoir roulé dedans 50 ans là hein. Ça c’est les iraniens*

Chacun y allait de son commentaire avant même d’avoir trouvé une place assise. Il faut dire qu’avec l’Express pré-électoral l’inquiétude était plus dans l’allure en lambeaux de ses sièges que dans leur nombre.
Mais au pays ici, quantité a toujours été mieux que qualité. Le garba* national en est la preuve.

image

Alors pourquoi avait-on remplacé ce véhicule plus capacitif et mieux adapté aux nids d’autruches sur nos routes, par un modèle tout vitré importé d’Europe ?

-Passager 2 : Ah…toi tu sais pas ?
-Passager 1 : Si tu ne me dis pas, comment je vais savoir ?
-Passager 2 : Éh, mon ami…hum…on peut pas parler fort oh. « On » dit que…c’est un coup des blancs là ooh…

« On » en effet, était la principale source d’information dans mon joli petit pays. Pas besoin d’enquêtes, ni même d’être présent sur les lieux; « On » avait seulement besoin, pour soutenir sa thèse, d’une bribe de témoignage, d’un bout de conversation, d’un titre de presse et d’une imagination disponible. « On » connaît tous les hommes politiques et détient les meilleures sources pour les autres ; sources que « On » ne dévoilait jamais vu que la seule chose que « On » ne savait pas, c’était le moment où la balance pencherait dans l’autre sens.

De ce fait, « On » savait « ce qu’on ne vous a pas dit… » sur chaque dossier brûlant;  mais comme « On » ne sait jamais, « On » ne citait aucun nom là non plus.
Et quand « On » sentait que vous lui résistiez , son argument ultime était presque toujours :

-C’est moi je te parle ! Ou bien ? C’est pas « On« , j’ai vu avec mes deux yeux ( même quand « On » était borgne ).

« On » dit donc que ce sont les blancs !

C’est le parfait bouc émissaire ces jours-ci. Et c’est surtout pratique vu qu’il était aisé de monter une histoire qui ramène aux colons.
Ainsi, la guerre , les déchets toxiques , le bus dans la lagune , la corruption ,le népotisme , la paresse, la pluie qui tombe trop ou pas assez, la lenteur administrative , les hommes cocus , le délestage, la CPI, les enfants dans les champs, la Libye , le Mali, Boko Haram, l’alcoolisme, le coupé-décalé…c’est un coup des blancs; et c’est tout !

Revenons donc à notre Express pré-électoral qui lui ne nous a pas attendu.

Il avait mis moins de 5min pour sortir de l’embouteillage de MACACI. Car au seul vrombissement de son moteur, gbakas et véhicules personnels cédaient le passage. Mieux que si il eût été une ambulance !
Un vrai dure que rien ne semblait pouvoir arrêter, pas même les arrêts demandés* .
Et son péché était là.

La fougue de l’Express pré-électoral ne laissait aucune place à une réflexion préalable. Il fallait atteindre le Terminus en allant le plus vite possible, galvanisé qu’il était par les hourras du peuple des passagers.

image

Et comme le peuple passager ne voit pas au-delà de ce qu’on veut lui montrer, c’est en principe au machiniste, qui voit la route et en connaît les codes, de mener le bus à bon port.

Le notre, au contraire, c’était pris pour un passager avec une cape de héros.

Ainsi, ne supportant pas qu’un warren ait essayé de le doubler au feu vert, il entreprit de lui montrer qui était le woody, le propriétaire de la route !

La course poursuite qui s’en suivit s’acheva avec un joli carambolage : nous avions fini par rattraper le malheureux warren; si bien rattrapé qu’il avait désormais l’arrière broyé sous les roues avant de notre Express pré-électoral.

Nous étions à environs 4km du terminus, il était 21h et il nous fallait trouver un autre moyen de transport , le ticket n’étant pas remboursable.

J’en étais resté souriant, j’étais à un gbaka seulement de la maison.

Mais c’est la réaction de mon voisin du jour qui m’inspira ce récit : l’homme se leva d’un bond, s’engagea dans l’allée et marcha jusqu’à l’avant du bus.
Puis, constat fait des dégâts causés revint à son siège, saisit avec fureur sa sacoche et grommela en descendant du bus :

-Passager 2 : Présidents de Côte d’Ivoire même ! y a pas un qui est bon dedans !!!

Sur le coup, moi aussi j’avais pris cela pour un parfait coq-à-l’âne…

 

FIN.

Faux Lexique :

Bon-bon : Quand c’est bon, c’est bon.
Iranien : Vestige du discours de l’époque où c’était la mode de citer ses alliés ( Communauté Internationale pour les uns, Russie-Chine-Afrique du Sud…pour les autres )
Garba : Quand la dale va te cogner, tu vas comprendre.
Arrêt demandé : Ça ne marche pas ! Si tu es malin il faut crier « ça descend !!! »
Warren : Quatre personnes dans voiture banalisé de leur camarade qui cherche jeton de carburant ou bien de pôpôte.
Woody : À connait pas, à demandé.

Publicités

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s