Asocial Network (part 1)

À l’origine j’avais ouvert mon compte #Facebook pour vendre des maillots. Rien de plus.
L’idée d’un jour y publier le moindre indice sur moi, des photos, mes opinions, ou même mes délires, était strictement inenvisageable.

Les choses ont évolué depuis.

Pas au point de me mettre à poil devant ma webcam ni à militer véhément pour telle ou telle chapelle politique. Mis à part le fait que dans la vraie vie ils me laissaient tous à 37, je crois encore fermement que trop s’exposer (sur Facebook ou ailleurs) est nuisible.

Et j’allais bientôt avoir des raisons de m’en tenir à cette conviction.

Pour proposer la meilleure formule d’abonnement Internet à mes clients, je leur pose entre autres les questions suivantes :

EuD : Quels sont vos usages sur internet ? Vous faites quoi une fois connecté ? Êtes-vous plutôt mail et applications pro’ ou musique, streaming* ,…, réseaux sociaux?

Je reçois ce après-midi là un français, un chef d’entreprise, la quarante tout au plus.
Il est décontracté, poli, attend dans la file sans faire le type super trop pressé comme la plupart des nègres à qui l’on a prêté un costume.
Il sursaute presque naïvement quand son tour arrive, mais c’est sa réponse à la dernière question posée plus haut qui va me faire sursauter à mon tour :

Lui : Oh non ! Moi c’est juste les mails. Vous me voyez avec ma cravate traîner sur ce truc là…Facebook ou quoi là ? fit-il avec un rictus, cachant mal son aversion pour ce media.

Ne soyez pas encore offusqués bande de « facebookeurs« , le meilleur est dans ce qui va suivre :

Lui : Laissez-moi vous dire moi, poursuit-il, laissez-moi vous dire : facebook c’est pour les handicapés de l’affect’ *; vous savez, les petits blancs en manque de vraies relations humaines. Les attardés, les timides, les morveux et consorts.

Lui :Vous les africains vous avez cette magnifique chaleur humaine, c’est tellement formidable ! C’est tellement vivant quand on vous côtoie. Vous vous parlé, vous vous mélangé, vous partagez…vous…vous vivez en fait !
Ou devrais-je dire « vous viviez ». Vu que vous êtes en train de tout gâcher avec cette connerie de Facebook là…à vous exposer bêtement tout en restant cloîtré derrière vos écrans ! On sait tout sur tout le monde en un clic, on arnaque…c’est pathétique !

Qu’un de mes vieux professeurs du campus, amoureux de lecture et haïssant l’ordinateur, me tienne un tel discours, je l’aurais compris et certainement je me serais repentis d’avoir ouvert ce compte Facebook en 2008.

Mais mon client-là était un vrai blanc ! Walaye, un blanc de chez blanc, avec l’accent parisien et le nom d’objet qui allait avec.
N’eût été la cravate qu’il voulait pour preuve de son sérieux, je l’aurais pris pour le grand cousin direct de #Zuckerberg * .
Que nenni ! Un parfait anti-réseaux sociaux il était.

Et moi qui avais déposé quelque CV* ça et là, j’eu froid dans le dos quand il ajouta :

Lui : Je vais vous dire moi comment je recrute mes collaborateurs ici : je fais un tour sur leur…euh…Facebook. Juste pour découvrir à qui j’ai vraiment affaire. Par curiosité.

Il poursuit :

Lui : Tenez, un jour je reçois un CV. Non mais je vous dis, MI-RA-CU-LEUX  le CV ! Le Monsieur a des qualifications….pfffff, vous n’avez pas idée ! Cela présume d’un talent d’extraterrestre. C’est mieux que ce que je recherche pour ce poste…

EuD : Ah le veinard, allais-je ajouter doucement…

Lui : Veinard vous dites ? Attendez que je termine ;
Alors je fais un tour sur son…comment vous appelez ça ?…

EuD : Sur son mur ?

Lui : Voilà, c’est ça ! Et là je tombe sur sa citation préféré qu’il brandit comme leitmotiv : «Plus tard je me lève, mieux je me sens !»

EuD : Oups…

Lui : Pas « oups », moi je dis « ouf » !!
Je m’apprêtais à recruter un type qui aime et assume sa paresse. De quoi ruiner mon investissement !

En 10 secondes je revisite dans ma tête le contenu de tous mes posts, j’en jauge la pertinence mais surtout le niveau de compromission.

C’est claire qu’avec mes #PrièreDuLundi et mes #ConnardDeNègre, j’avais quelques soucis à me faire pour qui n’en comprend pas la motivation.
Mais peut-être pas autant que ce gar là : « aaah lui aussi ! Quel idée de se plomber comme ça sur « le face » ? »

image

.

À suivre…


Faux Lexique :

*Streaming : Quand tu regardes les vidéos en ligne là, tu es content ? Et puis tu connais pas le nom ? tchrrrrrr
*Handicapé de l’affect’ : affect’ = affection ! c’est un blanc ooh, son chôcô va tuer
*Zuckerberg : Je te dis pas !
*CV : si tu connais pas ça, c’est que soit ton papa a l’argent, soit tu es propriétaire de gbaka, soit tu es vagabond

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